Category: De l’Autre Monde (Page 1 of 2)

Des fois….

Il se passe des choses dans nos vies, nous inspirant des écrits, des dessins ou autres.

Il y a de cela quelques mois, un événement a bousculé un peu mes pensées. Au début c’était enivrant, charmant. Puis cela a commencé à me prendre la tête comme on dit, alors j’ai commencé à écrire ‘De l’autre Monde’, je pensais que cela s’arrêterai au bout de quelques pages, mais non ! Mon esprit en a décidé autrement. Petit à petit, une histoire c’est construite la haut dans ma tête, surprenante et encore différente et bien loin du fait réel. Donc qui dois-je remercier mon esprit pour m’avoir amené cela ? Cette personne pour m’avoir fait penser à autre chose ? Ou les deux 🙂

Pour ceux qui ont suivi le début de l’histoire sur ce blog (catégorie ‘De l’autre Monde’) et qui ont aimé. Vous aurez l’occasion de lire l’entièreté de cet écrit d’ici quelques mois dans un joli livre relié, car je compte bien en faire un roman à part entière.  Alors ne m’en voulez pas de vous laisser dans le noir maintenant, car la lumière viendra en son temps ..

Comme quoi le silence peut-être une bonne chose aussi 🙂

Je vous souhaite un excellent week-end.

Sylvie

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Auteure de ‘Le Miracle’ 
http://www.editionsazimuts.be/Le-Miracle-cbfaaaata.asp
http://www.amazon.fr/gp/product/B00A69NHQO
http://acrodacrolivres.be/boutique/
Mon premier plaisir c’est d’écrire..
Le second sera que vous me lisiez et que vous preniez autant de plaisir que moi…
Alors on pourra dire que c’est une victoire !

La Nuit

Il fallait que je me rende à l’évidence, mon mobilier ne s’accordait pas vraiment avec celui de ma Grand-mère. J’allais devoir prendre des décisions sur ce que je gardais ou pas. Certes mes meubles étaient plus récents mais les siens étaient de meilleures qualités. De bien meilleure qualité, surement que j’allais en garder certains, les décaper et les repeindre en blanc.

J’avais tout mon temps bien sur, mais je devais faire de cette maison la mienne. Je me devais de garder un peu de sa touche si spéciale, mais je devais m’accaparer aussi cet endroit. Rien n’était facile et cela ne faisait pas très longtemps qu’elle était partie. Mais elle était encore si présente, ses lettres, ce passé et cette rencontre qu’elle m’avait soigneusement cachée.

23:32, il était temps pour moi, mon corps et mon esprit que j’aille me coucher. Je ne m’étais pas installé dans SA chambre mais celle où j’avais l’habitude de dormir, avant quand je lui tenais compagnie. J’y avais installé mon lit et mes affaires. Cette pièce me ressemblait pleinement. Puis, je savais qu’au fond de moi je n’étais pas prête à bousculer SA chambre, elle resterait telle que encore un temps.

J’étais allongée là, un stylo à la main comme bien des soirs. Mes chats prenaient mon lit pour une autoroute sans se soucier de moi. Certains lisent pour s’endormir, moi j’écris. Je ne suis pas sûre que l’un ou l’autre aide à l’endormissement. Pour ma part, la télévision est le meilleur somnifère.

La dernière fois que je vis l’heure sur mon réveil, il était 01:43. Les chats enfin paisible étaient blottis contre moi, un de chaque côté, comme pour s’assurer que je ne partirais pas !

Je dormais paisiblement, du moins je le croyais. Ce qui me tira de mon sommeil c’est le miaulement très étrange de mes chats. Ils s’étaient assis, tendus sur le lit encore plus proche de moi. Quelque chose les avaient réveillés et ce quelque chose leur faisait manifestement peur, mais pas au point de fuir. Ou alors ils me protégeaient.

J’essayais dans la pénombre de distinguer l’objet du réveil, et doucement je me mis sur mes coudes, écarquillant les yeux : Grand-mère était face à moi ! L’un de mes chats rentra sa griffe dans ma cuisse, ce qui me confirma que je ne dormais pas.

Elle était différente, plus jeune, plus lumineuse aussi. Elle rajeunissait à vu d’œil parce que les fantômes étaient jeunes et beaux !

–   Bonsoir dit-elle.

Sa voix avait changé. Le ton était toujours très doux mais le son était différent. Un léger écho se faisait entendre et la tonalité était bien plus grave. Une voix d’outre-tombe.

Je ne savais pas pourquoi je n’étais pas effrayée.

Mon subconscient devait prendre ceci pour un rêve, mais moi je savais que c’était réel.

–     Grand-mère ?

 

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Le second sera que vous me lisiez et que vous preniez autant de plaisir que moi…
Alors on pourra dire que c’est une victoire !

Oh ! Ces mots

J’ouvrais la porte avec difficulté, quelque chose gênait, oh pas fortement mais un peu néanmoins. Je passais ma tête pour voir ce qui m’empêchait de rentrer librement dans ma nouvelle maison. Le courrier, un amoncellement de lettres à même le sol. Pourquoi diable, le facteur ne les avait-il pas mis dans la boite aux lettres ? Je n’étais pas venue depuis plusieurs jours certes, mais la boite quant à elle, était vide ! J’essayais de me souvenir, mais non il n’avait pas plu. Il me faudra lui dire de ne pas faire cela.

Je refermais la porte et ramassais le tout que je posais sur le petit meuble de l’entrée. Il me revint alors en mémoire, ce geste anodin que ma Grand-mère faisait aussi. Ensuite, elle retirait ses chaussures, son manteau et enfilait son tablier. C’était seulement à partir de ce moment-là qu’elle prenait le courrier et s’installer à la table de la cuisine. J’enlevais mon manteau et pris le courrier, j’allais pour ma part m’installer dans son fauteuil.

Je retirais le nœud de mes cheveux.

Là, étaient les nouveaux contrats pour la maison, électricité, eau, téléphone le tout bien sur à mon nom. Cet après-midi les déménageurs allaient m’amener mes affaires, ce soir je dormirai ici ! Il y avait pas mal de publicité aussi que je mis directement dans la poubelle. Ensuite, venez les lettres que je n’avais pu identifier au premier regard. Il y en avait trois. La première venait du notaire, encore des documents à ranger. La seconde, les vœux d’une connaissance de ma Grand-mère qui n’avait certainement pas été mise au courant de son voyage dans l’autre Monde et la dernière était un courrier qui revenait avec la mention ‘n’habite pas l’adresse indiquée’. L’adresse du destinataire n’était plus visible, le tampon de la poste indiquait 14/01/1977. Je l’ouvrais avec précaution.

 

« A vous,

Le silence pesant qui m’entoure m’oblige à vous écrire. Ces mots parcourront le monde sans jamais vous arriver et un jour cette enveloppe finira au fond d’une poubelle. Cette adresse que j’ai mise sur l’enveloppe, je ne la connais pas. Je voulais juste vous parler sans que vous le sachiez. Mais je voulais quand même le faire, pour m’apaiser. Car au final ces mots diminuent ma peine, chacun d’eux écrit retirent un peu de ce poids qui m’oppresse. Je me sens si bête si vous saviez. Je n’ai pas les réponses à toutes mes questions posées, il aurait été si simple pourtant. Si simple qu’employer d’autres mots, ne laissant aucun doute sur vos intentions. Mais vous….

Le pli sur le papier avait effacé quelques lignes de celle lettre. Depuis 37 ans cette lettre avait voyagé sans jamais être ouverte pour revenir ici, trop tard. Je n’arrivais pas à lire ces lignes, je continuais donc, peut-être pourrais-je deviner.

….Bien entendu c’est votre choix. Quelque chose a changé, quelque chose que je ne connais pas. Je me sens si stupide de ne pas comprendre. Si stupide d’avoir cru en vos mots, mais j’ai mal interprété le détail de vos points, me refermant sur moi-même à présent. Chaque fois que je vous pousse au dehors, vous revenez… Comme si vous connaissiez la limite à ne pas dépasser, pour ne pas perdre ce petit quelque chose qui nous unit, de loin. Je sais au fond de moi, je le sens que bien plus reste à venir. Vous m’avez emprisonné dans quelque chose que je ne gère pas. Est-ce un jeu pour vous ? Le jeu des mots. Parfois je me le demande, et bien entendu seul le temps me le dira. Je n’espère que peu maintenant, car il reste un petit quelque chose. Vous avez écrits ses mots pour qu’il subsiste ce petit espoir…. Cruel… « 

La lettre se finissait ainsi. Comment juste quelques mots pouvaient rendre quelqu’un si triste ? D’imaginer ma Grand-mère si triste, me désespérait. J’en arrivais à haïr cet homme, qui faisait souffrir cette personne si douce.

Je retournais l’enveloppe, il n’y avait aucune adresse notée au dos. Puis en y réfléchissant bien, il y a 37 ans ma Grand-mère n’habitait même pas ici.

Comment était-ce possible ?

 

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L’Héritage

En ce vendredi, je me décidai enfin à me rendre à la poste chercher la lettre que ma Grand-mère avait reçue. J’en profitais pour envoyer quelques cartes de vœux, je n’étais pas en retard, nous avions tout le mois pour le faire. Je prenais le courrier et m’installai dans ma voiture pour le lire. C’était une lettre de son notaire me signifiant, à moi, que j’étais l’unique héritière de ses biens incluant la maison. Je reposais la lettre en soupirant, j’avais maintenant tout mon temps pour ranger, trier et ne pas vider. Elle m’octroyait ce temps si précieux que nous avions tous besoin. Je regardais au loin en réfléchissant et d’un coup je réagis que je pouvais aussi emménager dans cette maison, qui était maintenant la mienne.

Je n’avais même pas songé à son héritage. C’était un peu comme gagné au Lotto, avec les sentiments et les souvenirs en plus. C’était beaucoup mieux à tout bien y réfléchir !

Je rentrais à la maison, je n’étais ni euphorique ni excitée de ce don, juste heureuse. Heureuse de pouvoir garder tout ce que je voulais, la place ne me ferait pas défaut. J’envoyais un email au notaire pour lui signifier mon accord pour l’héritage et prendre rendez-vous pour tout régler. J’étais sur le point d’être la propriétaire d’une jolie demeure, entourée de cette nature que je raffolais tant. J’avais toujours adoré cette maison et son jardin. Ma responsabilité maintenant était de lui rendre honneur, pour ma grand-mère et de m’en occuper du mieux possible. Le mail envoyé, j’avais les yeux fixés sur la liste de ceux que j’avais reçus. Liste que je voyais à peine étant perdue dans mes pensées.

Le flou fit place à la netteté des caractères et un email parmi les autres attira mon attention et me fit sourire. Il avait répondu.

« Votre message m’a confirmé que cette soirée n’était pas un rêve. Je suis en voyage pour une dizaine de jour. J’espère qu’à mon retour vous viendrez tomber une fois de plus dans mes bras et que nous danserons jusqu’au petit matin. Je vous recontacte dès que possible. »

Etrange rencontre, étrange situation. Il n’y avait rien à en déduire mais cela me laissait interrogative. Je refermais ma boite email et me préparais un café. Appuyée contre mon évier et regardant le café couler, mon esprit s’échappait vers d’autres songes.

La journée commençait à peine et déjà tant de choses.

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Entre deux eaux

Ma première résolution de cette nouvelle année est d’élucider le mystère de ma grand-mère. C’est la première fois que je commence une année sans elle. Elle qui est pourtant si présente dans ma vie. Elle qui me joue un tour. Un tour de passe-passe depuis l’autre monde. Ou alors c’est mon esprit qui se joue de moi. Mais cela je n’y crois pas un seul instant.

Je suis donc bien décidée aujourd’hui pour aller faire un tour chez elle et trouver ce que je cherche, c’est-à-dire le fameux journal qui m’en dira plus sur cette relation mystérieuse qu’elle veut que je découvre. Le seul problème c’est que ma grand-mère n’est plus. Comment peut-elle vouloir quelque chose alors ?

Je chassais cette idée de mon esprit, je devais prendre les choses comme elles venaient. Un peu comme cette soirée à danser avec un quasi inconnu. Je passais devant mon bureau et remarqua l’adresse l’email. Ma deuxième résolution serait-elle de rester en contact avec lui ? Je décidai que oui et lui envoyais un message très simple, très court, le remerciant de la merveilleuse soirée que j’avais passée avec lui.

Ceci fait, je prenais des sacs poubelles, quelques cartons car je devais aussi vider la maison en plus de l’explorer. Je devais être opérationnelle, ne pas être juste là pour trouver le journal. Il y avait tant à faire. Mais je devais agir de façon rationnelle, et ne pas me laisser guider par un quelconque signe venu de je ne sais où.

Arrivée devant chez elle, je relevais le courrier. La boite débordait de factures et de prospectus, ainsi qu’un avis de la Poste pour une lettre à aller chercher. Je déposais le tout sur la table du salon, je m’en occuperai plus tard. Mon regard parcourait la pièce, les escaliers, le couloir je ne savais pas par où commencer. Lorsque mes yeux se posèrent sur un objet. Alors je pris une drôle d’option, celle de faire vivre cette demeure encore un peu. Je pris un vieux vinyle de ma grand-mère et le posa sur la platine. Barbara Streisand emplie la maison de sa voix magique.

Comme je désirais rester à écouter, j’entamais mon ménage ici dans le salon. Il y avait un grand buffet rustique, plutôt un vaisselier. Elles étaient belles ces vielles assiettes en porcelaine que ma Grand-mère exhibaient fièrement. Elles avaient maintenant une jolie couche de poussière. Je les enveloppais de papier journal avant de les poser dans un carton. Avec une partie du contenu de la partie basse du vaisselier, je pus le remplir et le fermer. J’achevais là le premier d’une très longue série de boites !

Le pire est que je ne savais pas du tout ce que j’allais ensuite en faire. Je n’avais pas le cœur à vendre ses affaires. Trois cartons et un sac poubelle vinrent à bout du vaisselier. Je regardais la pièce et je pris la décision de mettre contre le mur chaque meuble que j’aurai vidé, histoire d’y voir plus clair.

Il me fut aisé de pousser le vieux vaisselier dans le coin malgré qu’il n’ait pas bougé de cette place depuis des années. Je me souvins qu’avant il était dans la cuisine, avant qu’elle ne la refasse complètement. Alors, je vis une feuille pliée en deux virevolter tombant doucement à mes pieds. Je prenais le papier avec beaucoup de précaution et m’installai dans son fauteuil.

Lorsque je l’ouvris des paillettes tombèrent sur mes genoux.

« A vous,

Dans votre dernière lettre c’était facilement compréhensible que je ne vous verrais pas à la soirée du Nouvel An. Mais j’ai espéré, en vain. Une nouvelle fois vous me demandez d’attendre, m’encourageant même à vous écrire, donc soit.

Je ne sais pas ce que j’attends ou ce que vous attendez de moi. J’aimerai tellement savoir.

Je me retrouve un peu dans cette position stupide, vous savez ‘entre deux eaux’, vais-je me noyer ou ressortir la tête de l’eau. Parfois je me noie déjà, perdant l’espoir. Cet espoir renaissant à chaque lettre reçue. Suis-je si stupide de croire ? De croire en quelque chose que je ne connais pas ? Alors me reviennent vos mots et je souris.

Mais mon cœur s’essouffle, manque d’air. Il est temps de refaire surface maintenant. N’ai-je pas démontré que j’étais patiente, patiente de vous.

Oh bien sur vous ne verrez jamais ces lettres, cette correspondance à moi-même me permettant de me souvenir.

Je sais que j’ai raison. Nous sommes le 5 janvier 1977 « 

J’étais de nouveau pensive avec cette découverte. Elle jouait avec moi, je me mis à regarder vers le ciel, interrogative et me surpris à crier un grand ‘quoi ?’, espérant une réponse qui ne viendrait jamais. Cette nouvelle page me coupa net dans mon élan de rangement. Je fermai les yeux essayant de comprendre, essayant d’être rationnelle. Je sentis un courant d’air parcourir ma chevelure, je me retournais mais bien sur il n’y avait personne, je remarquai mon élastique qui tenait mes cheveux quelques secondes auparavant au sol.

Elle n’avait jamais aimé que j’attache mes cheveux….

La Danse

 

 

La nuit s’est couchée depuis fort longtemps, et je ne sais toujours pas pourquoi tout cela se passe. Dehors le vent plus que jamais se fait entendre de nouveau. Les arbres se plient sous sa force, des arbres pourtant si grands, si forts. Le chant du vent m’apaise et m’effraie à la fois.

Pourquoi ne pas m’avoir raconté cette histoire de ton vivant ? As-tu oublié ? Et quel est donc ce message que tu veux me faire passer ?

Le bruit des rafales régulières s’engouffrant entre les branches, ressemblent au bruit des vagues un soir de tempête.

Hier, je suis allée me promener en ville, comme je le fais souvent lorsque mon esprit s’égare. Dans les vieux quartiers, ceux que je connais le moins, je me suis perdue. Mes pas se sont arrêtés devant le néon bleu clignotant d’une boite de blues, une pale devanture là plantée au fond d’une ruelle. Des gens entraient et sortaient en riant, l’air heureux. Il était 00:12, je me suis dit « il est tard ». Au lieu de rentrer chez moi, j’ai poussé la porte de verre fumé.

Je me suis retrouvée dans un univers qui m’était totalement inconnu. Il y avait beaucoup de monde pour un fond de ruelle. Un bar était sur la droite. Il était vieilli, sali par les années, les verres et leurs divers contenus. Tous les tabourets étaient occupés par des femmes et des hommes de tout âges. Ensuite, je découvrais une piste de danse où des couples se déhanchaient sur un air de Beth Hart : du blues comme je l’aimais. Sur ma gauche avaient été disposées près du mur quatre tables, elles aussi occupées.

Personne ne vint me parler, ce qui je pense m’encouragea à continuer mon exploration. Je me frayai un chemin parmi les danseurs pour arriver à une arrière salle. Il y avait une marche qui délimitée les deux espaces.. que je ne vis pas !

Je trébuchais. Au moment où je me disais que maintenant on allait me remarquer. Un homme me retint de justesse, m’évitant ainsi une belle humiliation.

–          Il faut toujours regarder le sol dans ce genre d’endroit Mademoiselle !

Je me ressaisissais en m’accrochant au bras qu’il m’offrait.

–          Je me souviendrai de ce conseil. Je vous remercie.

Sur ce dernier mot ayant retrouvé ma stabilité je levais les yeux vers lui pour le remercier.

–          On se connait n’est-ce pas ?  me surpris-je à lui dire.

Il me fixa et d’un coup son regard s’éclaira.

–          Le mariage de votre cousine en mai dernier.. Il me semble, dit-il me scrutant de près.

–          Bonjour alors, dis-je en lui tendant la main

–          Bonjour, répondit-il me tirant à lui.

A ma grande surprise, il déposa une bise sur ma joue. Puis il ajouta rapidement comme pour s’excuser de son geste si familier.

–          On s’était dit au revoir de la sorte au mariage.

–          Ah d’accord, j’étais peut-être un peu ivre.

–          Je vous offre un verre alors, ajouta-t-il en rigolant.

–          Avec plaisir, la même chose que vous.

Il revint cinq minutes plus tard me tendant une bière. Je le remerciai poliment.

–          Venez par ici, nous serons plus tranquille pour parler, proposa-t-il.

Je le suivais au fond de l’arrière salle. Il y avait une table de billard. Personne ne jouait, elle nous servirait de support pour nos verres, vu que toutes les tables étaient prises.

–          Vous jouez ? demandai-je.

–          Non pas du tout, et vous ?

–          Non plus.

Il ne savait pas plus que moi quoi dire. Alors nous commencions à parler des mariés puisque en plus de la marche, c’était la chose qui nous avait rapproché. Au bout d’un certain temps, quelqu’un vint prendre nos verres vides. Nous nous regardions en haussant les épaules. Peut-être était-il temps de rentrer.

–          Et si on dansait ? demanda-t-il.

–          Pourquoi pas ..

Il me prit par la main et m’emmena au milieu des autres couples. Je n’avais pas dansé avec quelqu’un depuis bien longtemps. Ce contact proche me mettait mal à l’aise, car j’étais timide et un peu sauvage. Je tenais cela de ma grand-mère. Néanmoins le fait de danser nous rapprochait. Nous parlions avec plus d’aisance, nous racontant ainsi des petites tranches de nos vies. Nous découvrant doucement.

Au petit matin nous nous quittions. Je rentrai chez moi fatiguée mais je me sentais heureuse. Je posai son adresse email sur mon bureau près du PC et allais me reposer.

 

Sylvie

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Le second sera que vous me lisiez et que vous preniez autant de plaisir que moi…
Alors on pourra dire que c’est une victoire !

 

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