Month: janvier 2017 (Page 1 of 2)

Le temps

Si le temps s’arrête,

La Terre s’immobilise.

Le temps n’étant que les battements de cœur de notre astre.

 

Si mon cœur cesse de battre,

Mon corps s’immobilise.

Alors, mon âme s’envole vers des contrées lointaines d’où nous ne revenons jamais.

Alors le temps n’aura plus d’importance.

 

Si mon cœur cesse d’aimer,

A-t-il encore des raisons d’exister ?

Le temps apporte des réponses.

Le temps rend patient.

Le temps est inconscient.

 

Lorsque nous n’avons pas encore la notion du temps,

Nous vivons pleinement.

Lorsque nous prenons conscience de ce temps,

Nous vivons totalement.

 

Le temps irrépressible, invisible, insensible.

Le temps lentement nous gifle de son souffle.

Le temps patiemment nous use de ses battements.

Pour finalement ne plus penser qu’à lui.

Aucune fuite possible.

Aucune échappatoire.

Le temps est là.

Dans le déboire de mes pensées,

Dans le chaos de mes virées,

Seule restera l’empreinte invisible du temps passant.

Gifler de plein fouet,

N’est pas mon souhait.

Mais, lorsque le temps s’égraine,

Tout s’enchaine…

 

Un jour, un soir, une nuit,

Le temps nous attrape.

Il nous projette au fond de sa trappe.

 

Si la Terre cessait de tourner,

Le temps s’arrêterait.

 

Ce n’est finalement qu’un cercle vicieux infini.

Cela n’a pas de sens, pourtant nous ne pouvons remonter ou accélérer le temps !

 

Bonne fin de journée.

Sylvie

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© Sylvie Ginestet
Auteure de la trilogie des Imhumvamps : T1 ‘Le Miracle’, T2’La Recouvrance’ , T3 ‘Une vie pour la vie’  –  ‘Les Ombres s’amusent’ Thriller fantastique  –  ‘Le Livre des âmes’ : T1 Bethany (Livr’S Éditions), T2 Le Champ des Loups –  L’Ancolie (Livr’S Éditions) –  CLaudia – A coeur ouvert – Evolution (t1 Hope)

Format Papier pour les sept ouvrages : sylviesgginestet@live.fr ou sur Amazon.com pour les formats E.book (excepté L’Ancolie)

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Musique… Maestro ! « F »

Le F est une belle lettre, mais pauvre en groupe, du moins ceux que j’écoute. Donc, ça tombe bien, car je vais pouvoir m’étendre lol, sur l’un d’eux que je vénère 🙂  <3.

Pas mal des groupes de la semaine, ne sont pas du metal, mais ont quand même marqué ma vie musicale d’une manière ou d’une autre.

Bonjour Nostalgie avec la sélection  🙂

 

Five Finger Death Punch (heavy metal américain) : Le plus difficile fut de faire un choix parmi tous les albums. Je les ai vus au Trix le jour de mon anniversaire il y a 3 ans.

Factory of Dreams (Progressive Metal) – Portugal/Suède

Florence and the Machine (Rock et plus) — United Kindgom — à cause du film Blanche neige et le chasseur.

Fear Factory (metal industriel américain)

Forbidden (thrash metal américain)

 

Les intrus de la semaine (il semble que dans les années 80, il y avait plus d’artistes commençant par F) :

Fleetwood Mac

Foreigner

 

Franky Goes to Hollywood

Falco

 

J’espère que le G sera… plus riche 🙂

Bonne fin de journée.

Sylvie

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© Sylvie Ginestet
Auteure de la trilogie des Imhumvamps : T1 ‘Le Miracle’, T2’La Recouvrance’ , T3 ‘Une vie pour la vie’  –  ‘Les Ombres s’amusent’ Thriller fantastique  –  ‘Le Livre des âmes’ – Tome 1 Bethany (Livr’S Éditions) –  L’Ancolie (Livr’S Éditions) –  CLaudia – A tout cœur

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Écriture

Je viens de finir un roman de Dean Koontz, « Soir de Cauchemar ». J’ai beaucoup aimé comme d’habitude. Je l’ai lu en deux jours. La manière dont le suspense est mené, même si certains mots de traduction sont, de mon point de vue, mal employés et même si, il y a pas mal d’erreurs de mise en page.

Parce que voyez-vous, on nous a toujours dit qu’il y avait des règles. Maintenant que j’écris et, que je mets en page, etc. mes romans, bien ses règles, inconsciemment je les surveille. Inconsciemment, heureusement sinon cela me gâcherait mes lectures. Par chance, cela ne le fait pas*, mais je remarque tant de choses.

Alors finalement, je me demande. Hormis les fautes d’orthographe bien sur qui elles ne doivent pas être, pourquoi devons-nous toujours suivre les autres règles ? Qui a dit que si ces règles n’étaient pas suivies le roman était mauvais. L’essentiel n’est-il pas que cela soit bien écrit même si ça chatouille nos habitudes. Car ce qui compte, c’est de plaire et de surprendre. Sans oublier une chose, nous écrivons un roman de la manière dont nous pensons qu’il doit l’être.

Souvent, j’emploie le présent dans des textes au passé. Ces moments conjugués ainsi me permettent d’accentuer l’idée, le sentiment que ressent l’acteur dans la phrase. De le mettre au présent me semble le plus adéquat pour renforcer l’action. Ça choque parfois. Certains m’ont dit « mais non, cela ne se fait pas ! »… Quoi, le texte n’est-il pas le mien ? N’ai-je pas le droit de faire cela ? Tout ça parce que quelqu’un a dit un jour, « on ne mélange pas les temps» ?

Autre exemple, les redondances ou répétitions. Parfois j’en fais, sciemment car là aussi, cela accentue une idée. C’est nécessaire au texte. J’ai trouvé aussi une autre forme d’accentuation d’un mot : de le mettre en gras dans le texte.

 

Écrire pour moi est un vrai bonheur. Vous le savez bien. Alors des fois, lorsque l’on cherche à changer mes mots, la tournure d’une phrase (lorsqu’elle me parait importante telle que je l’ai écrite), bien cela me fait un coup au cœur et je me dis : la personne a-t-elle compris le message que moi, l’auteur, ai voulu faire passer en employant ces mots et cette tournure. Alors cela devient compliqué.

Le Miracle est mon premier roman. La première fois que mon éditeur de l’époque m’a renvoyé le roman avec ses corrections ; j’en ai pleuré. Souvent ces corrections étaient nécessaires, mais pas toujours. Heureusement, depuis j’ai appris et je ne pleure plus sur les corrections et suggestions que l’on me fait. Je ne suis pas parfaite loin de là. La différence à présent est que j’ose exprimer et expliquer pourquoi j’ai écrit ainsi telle ou telle phrase, pourquoi j’ai employé ce mot et pas un autre.

Nous avons tous un style différent pour écrire, c’est ce qui fait de nous ce que nous sommes. Ne croyez-vous pas que si nous écrivions tous de la même manière (même si l’histoire est différente), cela serait barbant pour les lecteurs ? Ne croyez-vous pas que si parfois nous n’osions pas faire ce qu’il ne doit pas l’être, les écrits seraient ennuyeux ? Je suis convaincue que ces différences apportent un plus aux écrits.

L’écriture d’une histoire est faite pour surprendre, pour toucher, pour rester dans les mémoires et dans le subconscient. La manière de le faire est très importante pour vous et pour nous (en l’occurrence moi), alors si parfois, nous nous accordons quelques fantaisies, ne pensez pas subitement que se sont des erreurs, car il y a souvent une raison à certaines imperfections. Mais attention, je conçois aussi qu’il y a parfois, évidemment, des erreurs.

 

Pourquoi je dis cela aujourd’hui ? Sans aucune raison particulière. J’avais juste envie de parler d’écriture, de mots, de chemin à suivre ou pas. Juste envie de parler de ma passion, en toute simplicité.

 

Bonne journée,

Sylvie

 

* Une seule fois, il m’est arrivé d’arrêter un livre, car ce n’était pas lisible. Je devais retourner en arrière pour comprendre qui parlait ou qui agissait. C’était épuisant, alors je me suis arrêtée page 61 et jamais je ne connaîtrais la fin. Tant pis pour l’auteur et pour moi.  

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© Sylvie Ginestet
Auteure de la trilogie des Imhumvamps : T1 ‘Le Miracle’, T2’La Recouvrance’ , T3 ‘Une vie pour la vie’  –  ‘Les Ombres s’amusent’ Thriller fantastique  –  ‘Le Livre des âmes’ – Tome 1 Bethany (Livr’S Éditions) –  L’Ancolie (Livr’S Éditions) –  CLaudia – A tout cœur

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Le Livre des âmes (5 tomes)

Bethany – t1

Elle

 L’an 1071

Comme chaque matin, la jeune fille déambulait sans but précis. Depuis la mort accidentelle de ses parents dans l’incendie de leur petite maison, elle faisait jour après jour le même trajet, peut-être dans l’espoir de les voir apparaître.

Dans ce petit village de pêcheurs perché à la pointe ouest au bord de la mer d’Iroise, on avait l’habitude de la voir marcher vers nulle part, les yeux perdus dans le vide. Son père avait été pêcheur, comme la majorité des hommes ici et sa mère vendait des fleurs des champs sur la place. Ils étaient heureux. Elle ne manquait de rien… avant.

Maintenant, l’orpheline habitait seule, à l’écart dans la forêt. Les enfants avaient peur d’elle, alors ils lui jetaient des cailloux et parfois même s’aventuraient plus près pour tirer sur les jupons souillés de sa robe. Elle n’avait pas été préparée à cette situation.

Que la Vie était injuste !

Demain allait être un jour important : l’anniversaire de sa naissance en ce monde cruel et sans compassion. Elle n’avait rien demandé à personne, pourtant elle devait faire face. Personne ne se souciait de cette journée particulière qui s’annonçait, chacun était trop occupé à essayer de vivre cette période du mieux qu’il pouvait.

Les temps étaient rudes. C’était une belle époque pour la Mort, elle était fort occupée. Tandis que la Vie si fragile se battait pour s’affirmer.

Il pleuvait lorsqu’elle rentra chez elle.

Une fois par an, la jeune fille rendait hommage à ses parents. Elle allait vers la falaise et y jetait un bouquet de fleurs rouge et bleu. Ces mêmes fleurs des champs que sa mère aimait tant, puis elle restait là attendant une réponse qui ne viendrait jamais.

Une fois par an, elle savait où aller, d’un pas décidé, la tête haute.

Sur l’horizon, les premiers rayons du soleil se profilaient, laissant s’échapper du sol gorgé par la pluie de la veille… une brume épaisse. Elle arriva au bord de la falaise et s’arrêta, son bouquet dans les mains. Un beau jour s’annonçait, une belle commémoration. Elle leva ses bras vers le ciel et ferma les yeux. Elle leur parlait, leur souhaitant la paix dans l’au-delà. Peut-être que les villageois avaient raison, qu’elle était devenue folle depuis leur mort. Certains devenaient fous pour bien moins que cela.

Elle rouvrit les yeux en souriant et elle prit son élan, car comme chaque année le bouquet devait atteindre la mer, elle y tenait beaucoup. Son pied gauche se détacha du sol, de toutes ses forces elle lança son offrande vers les flots qui venaient mourir au pied des rochers. L’orpheline souriait toujours lorsque son pied glissa et qu’elle perdit l’équilibre. Elle ne tenta même pas de se raccrocher à la vie.

À vingt-deux ans, le jour de son anniversaire, son existence dénuée de sens bascula dans le vide de la haute falaise près de la forêt. Elle n’avait pas voulu cela, elle avait glissé.

Le Champs des Loups – t2 (sorti février 2017)

Claudia – Les ‘nouvelles’ du Livre des âmes

Le boulevard Royet est l’artère principale de la ville. Tel un système sanguin, toutes les rues y mènent d’une manière ou d’une autre, un peu comme à Rome ! Sauf qu’ici la ville est plus petite, provinciale et huppée. Posséder une maison en ces lieux reflète un niveau de vie élevé. Tous les jeunes cadres de la métropole voisine qui n’ont pas les moyens d’y habiter viennent s’y réfugier.

Il fait bon vivre à Rain City. Les Royet l’ont nommée ainsi, car le jour où ils ont décidé que c’était ici que naîtrait leur ville, il pleuvait. Ils ne savaient pas, car ils venaient du nord, qu’il pleuvait rarement plus de dix jours par an dans ce sud si convoité.

Douze mètres quatre-vingts, c’est exactement l’espace qui sépare chaque platane. Cela donne une régularité à la rue. Ils ont été plantés au temps des pionniers, ceux des temps modernes ; la ville n’a que vingt ans. On trouve tout ce dont on a besoin sur ce boulevard, excepté des immeubles.

Ici, les constructions ne font pas plus de deux voire trois étages. Monsieur Royet sénior l’a voulu ainsi pour sa ville. Hélas pour lui, il n’a pas eu le temps de voir le développement spectaculaire de l’endroit qu’il a créé. Son fils Steve a repris le flambeau après sa mort brutale et tragique un soir de juin, quelques années plus tôt. Il a épousé Claudia après leur rencontre il y a cinq ans. Il n’a pas su résister à ce visage si parfaitement symétrique, encadré de sa belle chevelure noire. Un simple sourire rehaussé de ses yeux noisette avait suffi pour qu’ils s’unissent. Ce qui la fit craquer elle, fut en premier lieu la gentillesse de l’homme, car elle prêtait plus d’attention à ce qui venait du plus profond des gens ; ensuite bien entendu, sa grande taille, son allure athlétique et ses traits fins l’aidèrent à prendre rapidement une décision. Elle était venue de la métropole pour fuir le bruit, la pollution et la surpopulation de cet endroit en pleine expansion ; elle n’y retourna jamais.

Depuis, ils gèrent ensemble une agence immobilière située exactement au milieu du boulevard, au numéro 75, à la vue de tous et de toutes parts : la place la plus stratégique ! Comme beaucoup de magasins et afin de garder une harmonie visuelle, la façade est faite de marbre blanc non poli. L’enseigne au-dessus de l’entrée « Royet Immobilier » a été peinte à la main : bleue sur un fond crème.

Claudia est responsable du portefeuille « Location ». Elle a suivi des études supérieures commerciales. Rien ni personne ne lui résiste quand il s’agit de conclure une affaire et de faire signer un bail. Il faut ajouter que l’agence a l’exclusivité en ville, ce qui aide beaucoup à ses très bons résultats. Mais Claudia ne profite pas de ce monopole pour augmenter ses tarifs ou les loyers, car les choses se font presque d’elles-mêmes.

Au moment où je vous parle, vingt-deux maisons et dix-huit appartements, dont deux lofts, sont à louer.

L’agence est décorée avec goût. Lorsque vous y pénétrez, une odeur de fleurs fraîchement coupées vous envahit ; une musique ni trop haute ni trop basse vous apaise. Quelle que soit la clarté du jour ou de la fin d’après-midi, des appliques renvoient une luminosité naturelle. Tout est fait pour vous sentir bien, tout a été calculé à cet effet. Dans cette pièce unique ouverte au public, trônent trois bureaux : en face de l’entrée, celui de la secrétaire et standardiste Angeline ; sur sa droite, celui de Claudia et de l’autre côté, celui de son époux. L’espace est suffisamment grand et si bien agencé que, lorsque vous discutez avec l’un ou l’autre, les conversations restent confidentielles.

Tout a été prévu !

L’agence ouvre ses portes tous les jours de la semaine, sauf les dimanches et lundis. Ces jours-là, le couple se repose ou s’octroie un petit week-end en amoureux dans leur maison sur les rivages de l’Atlantique, à deux heures de route d’ici.

 

Les Ombres s’amusent (nouvelle)

Bonjour, je m’appelle Louie, avec un E, petite coquetterie de mes parents, mais qui a son charme auprès des filles. J’ai vingt-huit ans. Le bel âge me direz-vous !

Il y a deux ans, je roulais sur l’autoroute menant vers Namur au guidon de ma Harley. Je me sentais invincible, beau et en vie.

Le poids lourd aussi roulait, mais beaucoup plus vite que moi. Peut-être qu’il ne m’a pas vu… Moi, pourtant si grand. Alors, j’ai glissé d’abord sous sa calandre et il a commencé à freiner, j’ai vu son attelage se déporter sur la droite. J’ai cru qu’il nous libérait, ma Harley et moi. J’ai lâché prise et les roues de son engin m’ont balloté de gauche à droite et vice versa. Je ne suis pas capable aujourd’hui de vous dire combien de temps cela a duré, mais je suis toujours là.

Bonjour, je m’appelle Louie, je roule maintenant en chaise adaptée à mes besoins. Je suis le pensionnaire peut-être à vie de cette maison de vie et de rééducation parce que j’ai cru être invincible, mais je n’étais qu’invisible.

Ma vie a changé, je vois les choses sous un angle différent et j’ai besoin des autres pour la plupart de mes gestes quotidiens, mais je ne perds pas espoir qu’un jour je puisse de nouveau glisser sur un autre genre de deux roues. Le chemin sera long, mais je garde le sourire, j’ai tout mon temps.

Ma vie se résume ainsi, le matin c’est le moment des soins, de l’endurance et de la souffrance. L’après-midi lorsque tout est calme, je glisse dans le dédale de couloirs de cet établissement pour explorer le sous-sol. Pourquoi ? Je ne sais pas, je suis irrésistiblement attiré sous terre.

Lorsque vient le soir, on nous installe, mes compagnons et moi dans la salle commune de télévision. Là, je peux me dire que j’ai eu de la chance, certains ont rencontré des obstacles bien plus gros que moi.

Mes parents et mon ex-petite amie, car je l’ai libérée de cette contrainte, me rendent visite chaque dimanche lorsque le temps est au beau fixe. Ce jour-là, pas de soins, pas de pleurs, juste le bonheur de les voir. Souvent, ils m’emmènent loin de cet endroit et je me mets à rêver que ma vie aurait pu être différente, mais c’était sans compter sur ce camion rempli de bière qui m’a percuté un autre dimanche sur l’autoroute E411. Je n’avais jamais entendu parler des cervicales C3, 5 ou autres. Maintenant, je ne les sens plus, alors n’en parlons plus.

Je ne suis ni fâché contre le chauffeur ni avec le destin, c’est ainsi cela devait arriver. Il me suffit de revoir mes plans, de les ajuster et tout ira bien.

Souvent le jeudi midi, on nous sert des pommes de terre, à toutes les sauces. J’aime les sauces. Mon aide-soignant Henri, un peu moins, car j’ai encore des difficultés à trouver le chemin de ma bouche sans en mettre partout. Lui aussi ne perd pas espoir que les choses s’arrangent.

Les médecins et kinésithérapeutes disent que je m’en sors très bien, une rééducation longue certes, mais au bout peut-être une demie-autonomie retrouvée.

Depuis une année maintenant, j’explore donc les sous-sols. C’est vous dire à quel point ici, c’est grand. Ils y entreposent tellement de choses, il y a tellement de portes à pousser. Cela dit, je n’ai pas encore trouvé de cadavres ou de salles de tortures. Elles, ils les ont mises au premier étage. Je les visite chaque matin ou presque.

Aujourd’hui, il pleut.

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