La nuit s’est couchée depuis fort longtemps, et je ne sais toujours pas pourquoi tout cela se passe. Dehors le vent plus que jamais se fait entendre de nouveau. Les arbres se plient sous sa force, des arbres pourtant si grands, si forts. Le chant du vent m’apaise et m’effraie à la fois.

Pourquoi ne pas m’avoir raconté cette histoire de ton vivant ? As-tu oublié ? Et quel est donc ce message que tu veux me faire passer ?

Le bruit des rafales régulières s’engouffrant entre les branches, ressemblent au bruit des vagues un soir de tempête.

Hier, je suis allée me promener en ville, comme je le fais souvent lorsque mon esprit s’égare. Dans les vieux quartiers, ceux que je connais le moins, je me suis perdue. Mes pas se sont arrêtés devant le néon bleu clignotant d’une boite de blues, une pale devanture là plantée au fond d’une ruelle. Des gens entraient et sortaient en riant, l’air heureux. Il était 00:12, je me suis dit « il est tard ». Au lieu de rentrer chez moi, j’ai poussé la porte de verre fumé.

Je me suis retrouvée dans un univers qui m’était totalement inconnu. Il y avait beaucoup de monde pour un fond de ruelle. Un bar était sur la droite. Il était vieilli, sali par les années, les verres et leurs divers contenus. Tous les tabourets étaient occupés par des femmes et des hommes de tout âges. Ensuite, je découvrais une piste de danse où des couples se déhanchaient sur un air de Beth Hart : du blues comme je l’aimais. Sur ma gauche avaient été disposées près du mur quatre tables, elles aussi occupées.

Personne ne vint me parler, ce qui je pense m’encouragea à continuer mon exploration. Je me frayai un chemin parmi les danseurs pour arriver à une arrière salle. Il y avait une marche qui délimitée les deux espaces.. que je ne vis pas !

Je trébuchais. Au moment où je me disais que maintenant on allait me remarquer. Un homme me retint de justesse, m’évitant ainsi une belle humiliation.

–          Il faut toujours regarder le sol dans ce genre d’endroit Mademoiselle !

Je me ressaisissais en m’accrochant au bras qu’il m’offrait.

–          Je me souviendrai de ce conseil. Je vous remercie.

Sur ce dernier mot ayant retrouvé ma stabilité je levais les yeux vers lui pour le remercier.

–          On se connait n’est-ce pas ?  me surpris-je à lui dire.

Il me fixa et d’un coup son regard s’éclaira.

–          Le mariage de votre cousine en mai dernier.. Il me semble, dit-il me scrutant de près.

–          Bonjour alors, dis-je en lui tendant la main

–          Bonjour, répondit-il me tirant à lui.

A ma grande surprise, il déposa une bise sur ma joue. Puis il ajouta rapidement comme pour s’excuser de son geste si familier.

–          On s’était dit au revoir de la sorte au mariage.

–          Ah d’accord, j’étais peut-être un peu ivre.

–          Je vous offre un verre alors, ajouta-t-il en rigolant.

–          Avec plaisir, la même chose que vous.

Il revint cinq minutes plus tard me tendant une bière. Je le remerciai poliment.

–          Venez par ici, nous serons plus tranquille pour parler, proposa-t-il.

Je le suivais au fond de l’arrière salle. Il y avait une table de billard. Personne ne jouait, elle nous servirait de support pour nos verres, vu que toutes les tables étaient prises.

–          Vous jouez ? demandai-je.

–          Non pas du tout, et vous ?

–          Non plus.

Il ne savait pas plus que moi quoi dire. Alors nous commencions à parler des mariés puisque en plus de la marche, c’était la chose qui nous avait rapproché. Au bout d’un certain temps, quelqu’un vint prendre nos verres vides. Nous nous regardions en haussant les épaules. Peut-être était-il temps de rentrer.

–          Et si on dansait ? demanda-t-il.

–          Pourquoi pas ..

Il me prit par la main et m’emmena au milieu des autres couples. Je n’avais pas dansé avec quelqu’un depuis bien longtemps. Ce contact proche me mettait mal à l’aise, car j’étais timide et un peu sauvage. Je tenais cela de ma grand-mère. Néanmoins le fait de danser nous rapprochait. Nous parlions avec plus d’aisance, nous racontant ainsi des petites tranches de nos vies. Nous découvrant doucement.

Au petit matin nous nous quittions. Je rentrai chez moi fatiguée mais je me sentais heureuse. Je posai son adresse email sur mon bureau près du PC et allais me reposer.

 

Sylvie

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Auteure de ‘Le Miracle’ 
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Mon premier plaisir c’est d’écrire..
Le second sera que vous me lisiez et que vous preniez autant de plaisir que moi…
Alors on pourra dire que c’est une victoire !